>>  La grotte de l'Isbelle

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Depuis la découverte de la grotte de Hotton en 1958, le SCB s’est également intéressé à l’Isbelle souterraine qui se développe dans les mêmes bancs calcaires que la grotte mais, en face, sur l’autre rive de l’Ourthe.
Cela d’autant plus que son chalet refuge se situe juste à l’aplomb d’une des deux résurgences de ce système, la Fontaine de Thot.

Cela fait donc quasi 50 ans que des membres du SCB parcourent le vallon de l’Isbelle pour tenter d’en percer les mystères et surtout d’accéder à ses galeries souterraines.
Mais jusqu’il y a une dizaine d’année, seule la résurgence de l’Isbelle avait été pénétrée et seulement par les plongeurs (De Block en 1962 et Devos et Masschelein en 1983) ce qui avait permis de remonter environ 300 m de rivière.

En 1997, Vincent Foret, David Gueulette et Stéphane Nicolas parviennent à pénétrer de quelques mètres une des pertes, la Moskovskaïa mais ne pourront malheureusement pas aller plus loin.
Par après, d’autres tentatives, comme à la perte des Racines, vont aussi rester infructueuses.
Citons également le chantier quasi permanent de la grotte de la Cave à Vin (ancienne résurgence supposée) qui n’a pas non plus donné grand chose malgré des tentatives récentes menées par Philippe Soetaert.

En hiver 2004, Vincent Remy et David Gueulette repèrent, sur le versant du vallon, un petit trou déjà connu des anciens du club qui y avait fait des tentatives de désobstructions mais sans grands résultats.
Le courant d’air qui sort du trou les incite à y effectuer des travaux mais qui restent peu concluants !

L’été suivant Vincent Remy et Céline Dumarey reviennent avec des moyens plus percutants qui permettent enfin des avancées significatives dans la galerie.

De l’été 2005 à l’été 2007, les équipes vont se succéder de manière irrégulières mais tenace pour, en septembre 2007, enfin déboucher dans la grotte et atteindre l’Isbelle souterraine.

La grotte de l’Isbelle, dans sa partie actuellement connue, se caractérise par une suite de galeries fossiles abondamment concrétionnées qui débouchent sur la rivière souterraine.
La majorité des galeries, fossiles et actives, se sont creusées aux dépens de la stratification quasi redressée à la verticale, ce qui donne des profils nettement plus haut que large, en moyenne de 1 m x 7-8 m. Quelques galeries, beaucoup plus vastes, se sont formées au profit de failles ou diaclases perpendiculaires à la stratification.

La rivière souterraine a été reconnue, en amont et en aval, sur environ 250 m de longueur. Son cours aval est interrompu par trois siphons (S1 à S3) dont le premier se shunte facilement par un passage supérieur. Elle reçoit un affluent (remonté seulement sur quelques mètres car très aquatique) pour se terminer par le S2 qui n’a pas encore pu être shunté à l’heure actuelle. Deux plongées successives en 2008 ont permis de le franchir pour déboucher directement sur un S3 qui n’a pas encore été tenté en ce début 2009.

La grotte est donc une cavité à prédominance horizontale mais qui est ponctuée d’une quinzaine de ressauts alternativement montants et descendants (sans compter les accès aux galeries supérieures) ce qui la rend assez sportive.

La topographie est toujours en cours mais le développement actuel est estimé à environ 850 m auxquels il faut rajouter tous les diverticules qui n’ont pas encore été visités et surtout l’amont de la rivière et l’affluent dont l’exploration doit encore être poursuivie.

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