>>  Le karst de Hotton
Le système hydrogéologique de la grotte de Hotton

La bande calcaire de la Calestienne s’élargit fortement à hauteur de Hotton pour atteindre près de 1.500 mètres de largeur au moment de couper la vallée de l’Ourthe. Sur sa rive droite se trouve le double système hydrogéologique de l’Isbelle. Sur la rive gauche se développe le système hydrogéologique de la grotte de Hotton, l’un des plus vastes du pays.

Ce réseau est le collecteur de toutes les eaux de pluies et des ruisseaux d’une vaste zone de plus ou moins 25 km2. La moitié sud de la zone est gréseuse et schisteuse et plonge en pente assez forte vers la moitié nord, assez plate et calcaire. Par son étanchéité, cette partie de grès et schistes constitue une zone de collecte et de regroupement des eaux. Arrivés sur les terrains calcaires, ces petits cours d’eaux ont pendant de nombreux millénaires coupés plus ou moins perpendiculairement les strates calcaires, les entaillant et y creusant de petites vallées qui se rejoignent toutes au nord-est pour constituer l’Agauche, une seule et grande vallée de plus de trente mètres de profondeur en aval. A la fin de la bande calcaire, cette partie encaissée de l’Agauche se termine sur la plaine alluviale de l’Ourthe que la petite rivière constituée traversait pour pouvoir se jeter dans l’Ourthe.

Il y a plus de six millions d’années, est intervenu un changement. Une faille perpendiculaire à l’Ourthe, et parcourant donc la bande calcaire en long (de l’Ourthe vers Verdenne tout comme les strates) a progressivement réalisé un véritable captage progressif de tous ces ruisseaux de surface pour finalement les absorber en permanence. C’était le début de la formation du système hydrogéologique de la grotte de Hotton. Captés dans des chantoirs (pertes) dès leur arrivée sur le calcaire, canalisés et regroupés en un seul cours d’eau souterrain, les ruisseaux abandonnèrent totalement les petites vallées pour préférer rejoindre l’Ourthe en direct via le collecteur souterrain de la grotte de Hotton, dont les eaux émergent dans le lit même de l’Ourthe, juste en aval de la carrière et du village de Hampteau.

Chaque point de perte des eaux, chaque chantoir que vous rencontrez lors de vos promenades en rive gauche de l’Ourthe sur la Calestienne hottonnaise, est un point d’alimentation en eau du collecteur que constitue la grotte de Hotton. Il existe donc une jonction hydrogéologique entre toutes ces cavités, toutes appartiennent au même réseau.
Depuis 1955, les membres du Spéléo club de Belgique s’échinent à découvrir et explorer ce vaste système hydrogéologique pertes-émergende, dont les cinq cavités principales sont : - la grotte de Hotton (voir historique ci-dessous),

- Le trou du souci (en amont) : C’est un chantoir à tendance verticale, contenant un beau puits de 20 m. parfois arrosé d’une grosse cascade. A plus de 40 m. de profondeur, on a un regard sur un gros ruisseau souterrain affluent du collecteur mais qui ne peut être suivi tant en amont, qu’en aval. Ce trou contient de superbes fossiles, dégagés en relief des parois rocheuses par la corrosion.

- Le trou du moulin (un peu plus en amont encore) : Beau chantoir dont les eaux alimentent également directement la grotte de Hotton. Au début des années 90, il fut enfin possible d’y pénétrer et les découvertes commencèrent. Il y a actuellement 630 m. de galeries découvertes jusqu’à une profondeur de 36 m.. C’est un réseau assez labyrinthique, de boyaux et de galeries de petite dimension qui s’étagent sur une trentaine de mètres de dénivellation en étant reliés par une série de puits parallèles. Cette grotte assez sportive à parcourir est étroite par endroits et formellement déconseillée aux amateurs car elle est extrêmement dangereuse et imprévisible.

- La grotte des blaireaux (nettement plus aval, à hauteur du village de Menil-Favay) : petit complexe à divers orifices d’un développement supérieur à 100 mètres.

- Le chantoir de Mâgni (juste au pied du rocher où s’ouvrent les entrées de la grotte des blaireaux) : profond d’une vingtaine de mètres pour un développement de 165 m. actuellement.
Les membres du Spéléo club de Belgique sont encore loin d’être parvenus à jonctionner entre elles toutes ces cavités et connaître ainsi l’entièreté du système hydrogéologique de la grotte de Hotton.

Richard Grebeude