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Historique des recherches spéléologiques dans la grotte de Hotton
Première époque 1958-1961 : la découverte.

Eté 58 : Mr Thirion, agent des postes bruxellois, en vacances à Hotton-Hampteau, remarque des tronçons de stalagmites dans les jardins. Il apprend qu’ils proviennent de la nouvelle carrière ouverte depuis 6 ans. Il s’y rend et observe la présence d’une entrée de grotte. Quelques semaines plus tard, il en informe le Spéléo Club de Belgique.

Par une nuit de novembre, quatre hommes se glissent discrètement dans l’hémicycle du front de taille de la carrière dont l’accès est interdit. Rapidement ils découvrent la cavité renseignée mais la progression du front de taille a largement entamé la galerie dont il ne reste qu’un moignon très court. Explorant la carrière, il trouve une autre issue qui les mène sur une grande salle abondamment garnie de concrétions en tous genres. Dès le lendemain, plusieurs centaines de mètres de grandes et belles galeries sont découvertes. Les explorations se poursuivent les semaines suivantes et la topographie complète de la grotte est rapidement levée juste avant l’obturation de l’entrée par la société Calozet, propriétaire de la carrière. A ce moment, la grotte a un développement de 1.900 mètres et se classe d’emblée comme la plus belle du pays et l’une des plus grandes.

Deuxième époque 1962-1965 : la réouverture et les premières plongées.

Profitant d’une brèche accidentelle dans le mur bouchant l’entrée de la cavité, une équipe pénètre de nuit dans la grotte pour tenter de ressortir par un autre orifice sur le plateau. La topographie a montré la proximité de la surface par rapport à la dernière salle d’un étage supérieur. Ils grattent l’argile qui obstrue une étroite cheminée au plafond tandis qu’en surface d’autres essaient de déceler l’endroit. L’entreprise réussit et cet exploit va permettre de pénétrer à nouveau dans la grotte pour poursuivre les explorations et rendre possible l’aménagement d’une partie du réseau pour le tourisme.


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La fermeture de la nouvelle entrée, juste après sa découverte.
(nuit du 6 au 7 mars 1961)

En 1962, les recherches reprennent. Rapidement, l’unique accès possible à une suite s’avère être le siphon 1, d’où émane la rivière. Marc Jasinski, familiarisé avec les siphons effectue une reconnaissance sur 25 m. Peu de temps après, Lucienne Golenvaux et Maurice Tonglet, de la Société Spéléogique de Namur (SSN), émergent après 63 m. de siphon avec un point bas à 7m. et découvrent quelques dizaines de mètres de galeries puis s’arrêtent sur un second siphon.

Dès ce moment, sachant que la grotte continue, les membres du Spéléo club s’acharnent en une demi-douzaine d’endroits bien placés au-dessus de la rivière pour tenter de dégager l’argile et les blocs rocheux qui obstruent un passage au sec permettant d’éviter le siphon 1. En 1965, Jean Damuzeaux et Fernand Meuret franchissent à nouveau le siphon 1. Un peu plus tard, avec Marc Bourguignon, ils franchissent le siphon 2 et découvrent une grande et haute galerie leur permettant d’éviter un troisième siphon pour s’arrêter sur un quatrième siphon. Les équipes de désobstruction quant à elles se succèdent dans la boue et l’humidité.

Troisième époque 1974-19789 : le puits Atlas-Copco - les plongées des siphons 4 et 5.

En 1974, après avoir topographié une partie de la grotte, il apparaît que la solution la moins pénible consistera à creuser un puits artificiel de 10 mètres peu après la salle du trône. La société Atlas-Copco prête du matériel de forage et trois carottages sont effectués pour parvenir à percer la voûte d’une galerie au-delà du siphon 1. La jonction étant faite, un puits de 10 m. à dimensions humaines est creusé. En 1978, un court bouchon d’argile et de calcite situé au-dessus du siphon 2 est percé, permettant ainsi de shunter (doubler pour éviter) les siphons 1, 2 et 3.
Rapidement des prolongements sont découverts au-dessus du siphon 4. Plusieurs étages de galeries superposées, longs chacun de plusieurs centaines de mètres et très riches en concrétions, sont explorés. A la fin de l’année 1978, près de 1,5km de nouveau réseau sont topographiés. Fin de cette même année, Jean Damuzeaux, plonge dans le siphon 4 (court et peu profond). Derrière la galerie continue mais pour buter rapidement sur un cinquième siphon. La grotte de Hotton atteint 3,5 km de développement.

Quatrième époque 1978-1986 : le franchissement des siphons 5 et 6

Fin des années 70 et début des années 80, divers travaux permettent de trouver toute une série de prolongements et de sous-étages dans le « nouveau réseau ». En 1986, Roland Gillet, spéléologue de haut niveau, plonge en solitaire dans le siphon 4, s’enfonce dans le 5, désobstrue le passage étroit et forçant le courant de l’« étroiture » en poussant ses bouteilles d’oxygène devant lui. Il atteint la branche remontante du siphon 5 dont il émerge et parcourt quelques centaines de mètres de nouvelles galeries dans la rivière. Un sixième siphon ne l’arrête pas. Il en émerge après 40 m. de plongée et poursuit jusqu’à un septième siphon.
Au-dessus des siphons 4, 5 et 6 des étages supérieurs sont repérés, atteints et explorés. A l’aube des années 90, c’est près de 1 km de nouvelles galeries qui ont été explorées après le siphon 4. Cela nous fait près de 5 km de galeries actuellement explorées à Hotton.

Cinquième période : 1988 à ...

David Gueulette, jeune spéléologue du Spéléo Club, franchit le siphon 7. Celui-ci est immédiatement suivi d’un huitième siphon qui actuellement n’est pas entièrement franchi. Le suspense reste entier. La galerie creusée dans l’argile pour shunter le siphon 5 atteint actuellement 35 m. de long. L’exploration de la grotte n’en a donc toujours pas livré tous les secrets.

La grotte de Hotton a fait l’objet d’une première mesure de classement en 1978 mais ce n’est finalement qu’en 1982 qu’elle a été définitivement et entièrement classée par la Commission Royale des Monuments et Sites. Malheureusement, plusieurs salles ont été détruites du fait de l’exploitation de la carrière toute proche. Celle-ci a cessé toute activité à partir de 1994.

En 1998 et 1999, les membres du SCB réalisent une nouvelle topographie exhaustive de la grotte sous la conduite de Yves Dubois.

Aujourd’hui trois chantiers principaux font l’objet de travaux réguliers pour tenter de passer au delà des siphons.

Richard GREBEUDE